Ludwig Van MONTREAL: LA RELÈVE | Quelque part, mon jardin: cinq compositeurs, deux ensembles et un spectable éclaté typiquement montréalais

Par Frédéric Cardin le 4 juin, 2018

June 4, 2018

…Luna Pearl Woolf, accustomed to the world of opera, probably has the most lyrical style of the group, in which she adds unusual sound colors, tinged with world-music culture, but not identified with any particular country. The result is often strange and beautiful….

Le samedi 9 juin 2018 à 20 h, à l’Usine C à Montréal, un audacieux spectacle fait de nouvelle musique très éclatée, de théâtre, de poésie et de projections vidéo abordera le thème de l’appartenance et de l’identité. Quelque part, mon jardin / My Backyard, Somewhere présenté par les ensembles montréalais collectif9 et Architek Percussion, sur des textes de Kaie Kellough, lui aussi de la métropole, arrive juste à temps (et enfin!) pour nous plonger de façon positive et créative dans un sujet brûlant. On devrait probablement y inviter tous les politiciens actuels, tiens.

Le spectacle d’une heure et demie environ s’articulera autour des textes de Kaie Kellough, auteur et poète montréalais bilingue dont le travail se concentre justement sur les questions d’identité, le sentiment d’appartenance à une culture, à un lieu.

À partir de textes commandés à Kaie et traitant de ces concepts omniprésents dans l’actualité, cinq compositeurs aux univers stylistiques différents ont greffé leurs propres idées musicales, leur propre monde sonore. D’après ce que j’ai pu entendre dans les vidéos promotionnelles, et dans un esprit très montréalais de mélange des genres, des cultures et des styles, on peut s’attendre à être plongé dans un tourbillon de sonorités typiques de notre époque où le classique accessible et avant-gardiste, le jazz, l’électro, le dance, le groove, et autres se marient.

J’ai parlé à deux des fondateurs de collectif9, et en partie initiateurs du projet, Thibault Bertin-Maghit et Andrea Stewart. Je leur ai bien entendu demandé comment ils avaient envisagé d’éviter le piège du patchwork décousu.

« Ç’a été un défi dès le début bien sûr. C’est la raison pour laquelle le texte est si important, il unifie les idées. Mais nous avons aussi travaillé avec chaque compositeur pendant la dernière année, afin d’assurer que les transitions se fassent bien »

Cela dit, malgré leurs différences esthétiques, les compositeurs (trices) Derek CharkeNicole LizéeLuna Pearl WoolfEliot Britton et Bret Higginssont tous et toutes des habitués du mélange des genres, bien que chacun à sa façon. Autrement dit, vous ne serez pas confrontés à cinq espaces sonores puristes et exclusifs qui sont forcés de se rencontrer (ce qui ne fonctionnerait peut-être pas – imaginez Stockhausen, Glass, Pärt, Pierre Henry et John Coltrane dans ce genre de montage, par exemple).

Il s’agit plutôt de cinq façons personnelles, mais liées puisque naviguant dans une même modernité, d’aborder le métissage musical contemporain et savant, qu’on appelle le post-modernisme.

Nicole Lizée est celle qui travaille le plus avec la culture pop qu’elle mélange au discours musical savant. Elle utilise les glitchs (oui, ces irritants numériques qui nous font sacrer quand on écoute une pièce de musique en ligne!) et le DJ-isme avec beaucoup d’originalité, en plus de travailler la vidéo à ses heures.

Bret Higgins a des liens assez forts avec le jazz et l’impro, liens qu’il utilise dans sa musique

Luna Pearl Woolf, habituée du monde de l’opéra, a probablement le style le plus lyrique du groupe, dans lequel elle ajoute des couleurs sonores inusitées, teintées de culture world-music, mais aucunement identifiées à un pays en particulier. Le résultat est souvent étrange et beau.

Eliot Britton utilise des textures électro, près de la dance music, mais de façon savante

Derek Charke, un habitué du métissage contemporain, a réalisé, selon Thibault et Andrea, la musique la plus intense en terme rythmique et sonore, avec du groove très puissant.

À tout cela s’ajoutent des projections vidéo signées par Myriam Boucher, autant de commentaires qui viennent bonifier et soutenir les émotions et impressions à la fois des textes et de la musique. »

Les textes de Kellough sont parfois récités, parfois chantés, parfois traités numériquement, parfois déconstruits. Le traitement est extrêmement varié, comme il est normal de s’y attendre en cette ère de grande diversité de visions artistiques. Pour Thibault et Andrea, c’est parfait, car ça représente une métaphore des migrants qui arrivent dans un nouveau lieu de résidence. Chaque individu qui doit s’enraciner de nouveau est submergé d’informations qu’il doit traiter à sa façon, une manière qui sera distincte de n’importe quel autre de ses frères et sœurs humains.

En plus, les musiciens de collectif9 et d’Architek Percussion se reconnaissent étroitement dans le sujet traité. Ils sont pour la plupart des Montréalais d’adoption, qui ont eu à construire leur propre espace intérieur d’appartenance et d’identité au fil des années, pour faire de Montréal leur nouveau nid. C’est aussi le cas de Kaie Kellough. Cela annonce un spectacle incarné et fortement ressenti dans son interprétation, et pas uniquement une analyse de cas un peu froide, de l’aveu même des participants.

Il y a quelque chose de la scène indie rock montréalaise dans ce projet?

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